25.5.06

25 avril (3) - Visite à un CDR

Ce soir, nous sommes invités par un Comité de défense de la révolution (CDR). On en retrouve un dans chaque pâté de maisons, à peu près. Les gens qui dénigrent le système cubain considèrent les CDR comme des «mouchards» qui surveillent (et dénoncent le cas échéant) les agissements des habitants du quartier.
Ils sont à la base de l'organisation civile cubaine et jouent un rôle très important lorsqu'il y a des évacuations en raison d'un ouragan. Imaginez comment les choses auraient été différentes l'automne dernier à la Nouvelle-Orléans si des comités de citoyens très bien organisés avaient coordonné l'évacuation des citoyens... À Cuba, les ouragans ne font souvent que 5 ou 6 morts, pendant qu'il y en a des centaines dans le sud des États-Unis.
Tout le monde nous attend dehors (on est en retard, comme d'habitude). On nous présente le CDR, créé en 1970, qui porte le nom de «Vietnam héroïque». Un portrait de Hô Chi Minh est bien en évidence sur un mur extérieur, entre les drapeaux cubain et vietnamien. Après le discours d'accueil, puis une petite chanson par une fillette blonde, on nous invite à poser des questions. Tout ça se déroule dans la rue assez sombre. Puis on a mis la musique à fond dans les haut-parleurs.
Ce sont surtout les enfants qui dansent, mais aussi une ado pleine d'entrain. On danse notamment sur du reggaeton. J'ai encore une fois l'occasion de constater que les Cubains ont l'air d'avoir des articulations qui nous font défaut, nous avons l'air bien raides en comparaison... Dans une pièce musicale que j'ai entendue plusieurs fois au cours du voyage mais dont je n'ai jamais compris les paroles, il y a des bruits de vitre brisée et à ce moment-là, la jeune fille en jaune et d'autres font semblant de frapper avec une batte de baseball.

On a rencontré un des serveurs de notre salle à manger, c'est drôle de le voir dans un autre contexte. Sa mère est présidente du CDR en question.

Ce soir, en remplissant un seau pour la chasse d'eau, j'ai été surprise par une grenouille qui a sauté quand j'ai ouvert le robinet. Elle était grise, comme l'évier bas, très bien camouflée. Parlant de bestioles, on a vu une très grosse araignée sur un mur à l'école aujourd'hui et moi j'ai vu là-bas une coquerelle (cafard) dans un trou de la cour. Ginette a vu jusqu'à maintenant deux grosses coquerelles dans notre salle de bains, mais je n'ai pas eu cette «chance»... :-)
(suite du récit)

25 avril (2) - Première conférence

Après le dîner, nous sommes allés dans un institut de recherche en santé. La salle des ordinateurs est glaciale, c'est notre premier local climatisé (à part notre chambre, mais on ne met pas la climatisation longtemps ni très fort) depuis notre arrivée.
Si j'ai bien compris, il s'agit d'un centre de documentation où des gens qui travaillent à divers endroits viennent faire des recherches sur Internet.
Le Dr Luis Fonticiella Padrón, un médecin qui est déjà allé en mission au Pakistan, nous a fait visiter l'édifice, orné de quelques guirlandes pour le 1er mai, avant de nous faire un exposé sur les droits de la personne et le système électoral à Cuba.
Les élus doivent rendre des comptes et peuvent être révoqués en cours de mandat. Comme il n'est pas possible de faire une campagne électorale du genre que l'on connaît chez nous, ce n'est pas nécessaire d'avoir de l'argent pour se présenter aux élections. Il suffit d'avoir la confiance de la population de son district. Fidel Castro est représentant d'un district (de Santiago, je pense), comme les autres élus. Voici un entrevue très intéressante avec Ricardo Alarcón, président de l’Assemblée nationale du pouvoir populaire de Cuba, qui parle de démocratie. Et une autre entrevue sur divers sujets concernant Cuba.

Quand on est sortis, il pleuvait et il était déjà tard (tout est toujours plus long que prévu, je pense qu'on oublie de prévoir le temps nécessaire à la traduction), alors on a annulé le reste du programme de l'après-midi.
(suite du récit)

25 avril (1) - Travail à la chaîne

J'ai enfin bien dormi! J'ai trouvé le truc pour me détendre et couvrir les bruits ambiants : mon lecteur MP3. Ça peut sembler évident, mais je n'y avais pas pensé, n'ayant pas l'habitude d'écouter de la musique pour m'endormir.

C'est drôle, ici ils mettent un peu de sel dans le lait, je ne sais pas pourquoi, peut-être pour qu'il se conserve plus longtemps. Ça explique le goût un peu étrange. Mais cette fois, ils en ont trop mis et à peu près personne ne boit son café au lait ce matin.
Le travail est plus intéressant à l'école aujourd'hui. Nous avons maintenant de jeunes Cubains avec nous, de 15 à 18 ans, deux filles et trois garçons. Je crois que ce sont les présidents de leurs classes respectives. Je n'ai pas parlé beaucoup avec eux parce que mon espagnol est trop limité, mais le contact est quand même intéressant, on se comprend avec quelques mots et des gestes. Nous devions rassembler des débris de construction au milieu de la cour pour que les machines puissent les ramasser facilement. Le travail a commencé de façon un peu anarchique, puis Pierre nous a organisés en chaînes et nous a montré comment nous placer pour éviter les torsions et les maux de dos, puisqu'il y avait notamment des briques de ciment assez lourdes. Au lieu d'être un à côté de l'autre, dans le même sens, on s'est placés en deux lignes face à face mais décalées une par rapport à l'autre, ce qui nous permettait de passer la brique devant nous plutôt que sur le côté en tournant. Nous avons apporté des gants de travail. Les jeunes Cubains en ont aussi, mais dans le cas des filles, ils sont bien trop grands pour eux. Lorsque je prends une brique des mains de Clara, ses gants viennent parfois avec... C'est plus intéressant que le travail d'hier, on voit le tas de débris augmenter rapidement.
Les élèves qui circulent dans les couloirs et les cours s'arrêtent parfois pour nous regarder, je pense qu'ils nous trouvent drôles. Il y a de quoi, nos tenues de travail sont parfois un peu étranges, la mienne notamment, ce superbe pantalon fleuri. On nous a dit d'apporter pour le travail un pantalon long mais léger et on nous a même conseillé un pantalon de pyjama de coton. Alors j'ai ressorti ce pantalon que je ne mettais plus depuis des années. Chic, n'est-ce pas?

On a fini l'avant-midi par une discussion avec les jeunes Cubains dans la salle de conférence. Ils nous ont parlé de leur école, de leurs études, etc. Ils ont l'air un peu timides.
(suite du récit)

24 avril (10) - Dan

L'anniversaire de Dan, notre chauffeur. Je n'étais pas là (j'essayais de dormir, comme d'habitude), mais voici une photo prise par Éric. De gauche à droite : Lisa-Marie, Dan et Eva.
(suite du récit)

24.5.06

24 avril (9) - Loma del Capiro

La colline du Capiro domine Santa Clara. C'est de là que Che et ses compagnons surveillaient pour voir arriver le train blindé.

Un jeune Cubain a donné des fleurs de bougainvillées à certains du groupe mais a demandé de l'argent après. L'an dernier, quand je suis allée dans un «tout-compris», on me demandait constamment des objets et parfois de l'argent dès que je sortais du terrain de l'hôtel, mais ici, c'est arrivé une seule fois, un homme m'a demandé un stylo.
Lorsqu'on est redescendus de la colline, Luce est restée seule derrière et Dan, notre chauffeur, nous a grondés. Il trouve qu'on ne s'occupe pas assez d'elle. Luce a commencé hier soir à lui faire des traitements d'acupuncture pour une douleur à un bras et peut-être que Dan a peur de perdre sa «doctora». Encore une fois ce soir, tous sortent sauf moi, Pierre et Minerva, trop fatigués.
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23.5.06

24 avril (8) - Le Che à l'enfant


Un merci spécial à Lisa-Marie pour la première photo. Après le Train blindé, nous sommes allés voir une statue du Che, oeuvre du sculpteur espagnol Casto Solano. Il faut faire le tour de la statue et regarder tous les petits détails qui symbolisent la vie du Che, une moto sur son pied pour son voyage de jeunesse décrit dans le film «Carnets de voyage» (Diarios de motocicleta), un lama sur l'épaule pour l'histoire qu'il raconte à l'enfant, des combattants sur son ceinturon et cette jeune fille, qui de l'autre côté se cache, captive peut-être, et après le passage du Che, la voilà libre à sa fenêtre.
Il y a aussi Don Quichotte dans l'une de ses poches. Il paraît que ça porte bonheur de toucher le pied de l'enfant et la botte du Che, alors ces parties de la statues sont bien luisantes. Sur la photo de groupe, c'est drôle, les Cubains sont tous alignés (verticalement) à gauche. En haut, Dan, notre chauffeur très sympathique, puis Eva, notre accompagnatrice et interprète et enfin Miguelito, de l'ICAP. Moi je suis celle qui est accroupie près de Miguelito et d'Eva, avec le chapeau marine. J'ai l'air de mauvaise humeur, mais j'ai presque toujours cet air-là sur les photos...
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24 avril (7) - Chiens cubains

Il y a des chiens partout à Cuba et ils ont souvent l'air très sympathiques.

Au CIJAM, ils se promènent le long des dortoirs mais ne semblent jamais y entrer. Il y en a même dans les couloirs de la résidence étudiante où on habite.

En voici deux au Train blindé.
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24 avril (6) - Futurs champions?

Tout près du train blindé, voici peut-être les futurs champions du monde de baseball... Pour ceux qui ne le sauraient pas, Cuba est arrivé deuxième au Mondial 2006 de baseball, derrière le Japon.
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24 avril (5) - Le train blindé

Le 28 décembre 1958, Che et ses hommes dressent une embuscade et réussissent à arrêter un train de soldats et de munitions que Batista envoyait à Santiago de Cuba pour attaquer les révolutionnaires.


Les soldats se rendent assez vite, Che leur ayant fait croire que ses hommes étaient beaucoup plus nombreux qu'ils ne l'étaient vraiment. Le 1er janvier 1959, on apprend que Batista a fui le pays. La capture du train fut donc l'un des facteurs décisifs dans la victoire de la Révolution.
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24 avril (4) - El Vaquerito

L'église Nuestra Señora del Carmen, qui date de 1748, est la plus ancienne de la ville. Elle a déjà servi de prison pour les femmes (1868-1878) mais on nous a emmenés ici pour nous parler du «Vaquerito» (le petit cow-boy), de son vrai nom Roberto Rodríguez.

Comme je manquais de sommeil, j'écoutais à moitié, alors j'écris ici les éléments d'information dont je me rappelle ou que j'ai trouvés ici et là. N'hésitez pas à me corriger ou à compléter dans les commentaires...

Vaquerito commandait l'escadron suicide des troupes révolutionnaires. Il est mort là en décembre 1958, la veille de la capture de Santa Clara et donc de la victoire de la révolution.
On nous a raconté que ses troupes ont creusé des trous dans les murs de toutes les maisons de la place pour pouvoir attaquer (le poste de police?) sans que les soldats de Batista les voient arriver, en passant d'une maison à l'autre.
Lorsque les autres sont sortis hier soir, ils ont fait la connaissance de Julio Guerra, un vieux compagnon du Che, qui a justement participé à cette attaque. C'est là qu'il a rencontré sa future épouse, puisqu'elle habitait l'une des maisons autour de la place.
(suite du récit)